Pouvez-vous nous présenter vos services Minitel ?
Nous avons deux services grand public 3615 Argus et 3615 Argauto, puis le 3617 Argos qui est un service pour les professionnels, abonnés à notre journal.
Nos services Grand Public ont des présentations plus ludiques, tandis qu’Argos est plus riche, plus pro, plus pointu. Ces services sont également en accès 3623.
Vos services puisent dans les mêmes bases de données ?
Oui, nous avons une base principale qui inclut le prix des voitures neuves - qui est le tarif des constructeurs -, et la base occasion toutes deux communes à tous les services. Elles ne sont toutefois pas traitées de la même façon.
La différence se fait sur le module plus professionnel d’un côté que de l’autre. En outre, certains produits sont destinés uniquement aux professionnels, d’autres au grand public.
Nous proposons également un service via re-routage avec un partenaire financier qui peut fournir une simulation de prêt pour l’achat d’une voiture. Nous disposons aussi d’autres partenariats : Michelin pour l’itinéraire, la liste des centres de contrôle technique avec le Ministère des transports et un dernier avec la Fédération Française des Sports Automobiles (FFSA), pour les résultats des courses.
Quelle différence entre le 3615 ARGUS et le 3615 ARGAUTO ?
Le service Argus est historiquement plus ancien qu’Argauto. Argus est vraiment généraliste tandis qu’Argauto a été créé avec un axe « bourse de voitures d’occasions », que les professionnels alimentent avec notre service Argos.
Toutefois, les deux services se ressemblent. Disons qu’Argauto est moins connu, et que nous le gardons ouvert tant qu’il est rentable.
Quels résultats avez-vous enregistré pour vos services Minitel en 2004 ?
En connexion globale, c’est à dire en comptant tous nos services, nous avons enregistré 7.580.390 connexions en 2004 soit une baisse de 5,95% par rapport à 2003 (nous avons cependant vendu en 2004 : 30.153.893 cotes de véhicules, en hausse de 1,35 % par rapport à 2003). La part « grand public » baisse un peu plus que celle des services professionnels, à -6,32% contre - 4,23%.
Le nombre d’heures baisse sensiblement plus, à -13,45% avec respectivement -13,62% pour la part grand public et -12,68% pour celle des professionnels.
A quoi attribuez-vous cette baisse ?
D’une part, à la concurrence de L’argus version Internet. Les sites de L’argus, argusauto.com et argusautopro.com prennent manifestement des parts de marché au Minitel.
D’autre part, on observe une baisse du temps moyen de connexion : tout le monde va plus vite. Les professionnels, qui sont des habitués des services, font des économies en tapant plus rapidement leurs requêtes. Ils ne perdent pas de temps et ne laissent pas leur Minitel ouvert « à ne rien faire ».
Une autre raison est sans doute d’ordre technique. On s’aperçoit en effet que les accès en 3623 de nos services ne baissent pas, et même augmentent dans certains cas.
De beaucoup ?
Le service professionnel en 3623 augmente de +3,58% en heures et de +13,43% en connexions. Pour le Grand Public, la baisse est très minime, de -1,82%. Mais l’augmentation de la fréquentation de nos services via le 3623 fait que le temps moyen de connexion baisse…
En outre, l’accès i-Minitel et l’accès par Wanadoo, qui sont des accès à grande vitesse sur PC participent également à la baisse du temps de connexion. Le TMC c’est des heures, et les heures, c’est de l’argent !
Malgré tout, vos services ont, en moyenne, beaucoup mieux résisté que le Minitel au global. Quelles en sont les raisons ?
Tout d’abord, la fidélisation des utilisateurs, c’est certain. Notre marque, « L’argus », est très forte auprès des professionnels comme dans le Grand Public.
Par ailleurs, certains calculs ne peuvent être réalisés que sur les services Minitel de L’argus. Car, au-delà de l’affichage de l’information au premier degré, le papier ne peut pas passer du cours-moyen argus à la cote personnalisée qui prend en compte certaines options, la date d’immatriculation de la voiture, le kilométrage et les frais professionnels. On peut également intégrer le calcul des frais de remise en état et des réparations que l’on peut faire en ligne car cette base donne accès aux tarifs de pièces de rechange des constructeurs, accompagnés du temps de main d’œuvre nécessaire, multiplié par le taux du professionnel…
Pour autant les utilisateurs pourraient se tourner vers l’Internet…
C’est vrai, mais sur Internet, les rubriques se mettent en place petit à petit.
Il faut surtout comprendre que Minitel est un outil facile à utiliser. Il suffit de savoir lire… ça ne tombe pas en panne… On est en ligne tout de suite, on n’a pas de téléchargement long… et les coûts sont connus. Bref, ça fait quand même vingt ans de qualités !
Depuis que nous avons lancé nos services, en 1985, nous n’avons jamais cessé de les enrichir, de les améliorer. Nous avons toujours investi et nous continuons de le faire. De fait, les menus proposés dans nos services, autant grand public que professionnels, sont plus riches sur Minitel que sur le Web.
Internet prendra un jour complètement le relais. Mais, pour le moment, nos services Minitel proposent une réelle valeur ajoutée. Ainsi, sur les services professionnels vous disposez de bases de données des valeurs de marché, c’est à dire des prix moyens pratiqués sur les voitures d’occasions, ou encore une base de données d’archives, avec tout ce que l’on a édité en prix occasion comme en prix neuf.
Quand vous dites « on continue d’investir sur Minitel », concrètement, cela veut dire quoi ?
On développe toujours des produits, on améliore ceux qui existent. Par exemple, nous développons un nouveau produit pour les véhicules d’occasion qui sera en ligne dans deux semaines.
En parlant d’investissement… combien de personnes travaillent sur les services télématiques de L’argus ?
Nous sommes très peu, mais c’est historique. Le Responsable en l’occurrence moi, est le chef d’orchestre et je m’appuie sur un hébergeur de qualité, CVF, qui non seulement héberge, mais assure également le développement des services. Il prend en charge toute l’informatique et l’affichage videotex que je lui demande de réaliser. Reste que je suis presque à temps complet sur les services télématiques et ma préoccupation est de toujours trouver des idées nouvelles, des bases nouvelles pour enrichir et améliorer nos services.
Elargissons à l’avenir de vos services et du Minitel… Avez-vous un repère pour dire : « on arrête à telle date » ?
Ce sont des questions qui se posent et ce n’est pas facile d’y répondre. Vous m’auriez posé la question il y a quatre ans, je vous aurais donné une date ! Aujourd’hui…
Effectivement, nos résultats sont à la baisse, mais nous avons connu la croissance jusqu’en 2002 ! Cette année là, nous augmentions encore de +1,67 % en heures, c’était le record absolu. De 1985 jusqu’en 2002, le trafic sur nos services a progressé de façon continue, souvent même avec des hausses à 2 chiffres.
2003 et 2004 sont les deux premières années de baisse et cela devrait continuer en 2005. Nous l’avons budgété. Mais l’année dernière aussi, nous étions pessimistes et nous avions anticipé une baisse… mais qui a été moins forte que prévue !
Alors, bien sûr, Minitel va disparaître un jour. Mais nous faisons tout pour que cette date soit la plus lointaine possible, qu’il ne disparaisse pas brutalement mais progressivement.
Allez-vous continuez à communiquer sur vos services Minitel ?
Nous n’avons jamais beaucoup communiqué. La seule campagne que nous avons réalisée était une campagne d’affichage métro. Nous avons également mené deux campagnes en partenariat avec France Télécom. Aujourd’hui, nous ne faisons que de l’auto-publicité dans notre journal. En fait, nous capitalisons sur une image forte et sur la qualité des contenus.