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09.09.10
   
Interview
Olivier DELTEIL
Responsable recherche et développement Les Echos - Editions électroniques
A la pointe de la multipublication, Les Echos lancent dans les prochains jours un nouveau service de consultation des cours de bourse en ligne. Baptisé Boursechos, ce service s'appuie sur la solution AvA de France Télécom.
De la migration du Kiosque Micro vers un kiosque Internet, Olivier Delteil (Responsable recherche et développement pour les éditions électroniques Les Echos) trace les contours de la promotion du service et précise ses espoirs pour un kiosque Internet qui ouvre la voie au paiement à la durée pour la consultation de contenus via le Net...
Que est votre rôles aux Echos ?

Je m'occupe de la Recherche et du Développement, essentiellement sur les nouveaux médias hors web : sur les produits mobiles (PDA, téléphones mobiles) sur la télévision interactive et, parallèlement, je m'occupe du développement des produits télématiques, c'est à dire les "anciens" modèles économiques des éditions électroniques des Echos : le Minitel, l'Audiotel et, depuis peu, le Kiosque Internet qui est la reprise du Kiosque Micro dans notre cas.

Ça veut dire que les Echos ont connu l'ère Kiosque Micro ?

C'est un produit qui a été mis en place dans les années 90 et donnait accès à la bourse en temps réel. Dans les jours qui viennent un produit équivalent va être lancé à l'attention des utilisateurs du site Internet "Lesechos.fr". Cette nouvelle offre s'appuie sur la solution de kiosque Internet "AvA " de France Télécom. En fait, il y a une partie qui est directement reliée au web, c'est-à-dire à l'utilisation d'AVA, via Global Extranet.

Comment jugez-vous votre expérience du Kiosque Micro ?

Plutôt bonne car nous avons réussi à fidéliser des utilisateurs. Nous sommes en pleine phase de transfert de ces utilisateurs Kiosque Micro vers le Kiosque Internet. Le Kiosque Micro avait les avantages et les inconvénients d'un produit sous Windows. C'est-à-dire une grande facilité d'utilisation, et une transparence de l'accès à l'information très intéressante pour l'utilisateur. Mais il présentait un inconvénient : il fallait un logiciel sur son disque dur. Au départ, le paiement à la durée de type kiosque n'était pas toujours compris. Il a donc fallu informer les des utilisateurs. Mais au final, le produit a plu, car au moment du passage du Kiosque Micro au Kiosque Internet, on a vu un certain nombre de fidèles qui souhaitaient continuer. Plus intéressant : des utilisateurs n'avaient jusqu'à présent pas d'accès à Internet alors qu'ils avaient le Kiosque Micro. Juste un PC avec le logiciel dessus ! Ça se connectait tout seul. Il y avait une facilité d'utilisation qui n'était pas négligeable.

C'est ce qui vous a motivé à passer au Kiosque Internet, autrement dit AvA ?

Pas seulement bien sûr. Il faut comprendre que France Télécom ouvre la voie du paiement à la durée sur le Net. Le Kiosque Micro c'était peu ou prou déjà ça, mais forcément sans la puissance du web. Le Kiosque Micro s'est arrêté au début de l'année. Nous avons donc prévenu les utilisateurs qu'il fallait passer sur le Kiosque Internet pour avoir la même qualité de service. Au total on comptait 300 utilisateurs réguliers et 50% d'entre eux nous ont suivis sur ce que j'appelle le Kiosque Internet. Ils ont ainsi accès à ce produit depuis un mois et dans les jours qui viennent, le nouveau service Boursechos sera ouvert à tous les utilisateurs sur le site web.

Vous avez actuellement des bases de données en ligne par exemple. Pourquoi ne pas en donner l'accès sur le même mode, pour des consultations à la durée ?

Bien entendu, il n'est pas exclu que l'on ouvre ce type de consultations pour d'autres contenus des Echos. Je crois que c'est un phénomène conjoncturel qui fait que nous avons transféré en premier des informations boursières sur le kiosque Internet.

Vous avez combien de personnes qui travaillent sur ce nouveau service ?

Cela fait participer l'ensemble des équipes des éditions électroniques des Echos, soit 20 personnes à la rédaction web plus une vingtaine de personnes au marketing, à la production, au commercial.
Il faut dire que le Kiosque Internet est nécessairement très lié au web puisqu'il en utilise les ressources, tant dans la présentation que sur le mode d'accès. En tous cas, en ce qui concerne le kiosque Internet, le challenge est de faire passer les gens sur un mode de paiement à la durée qu'ils ont pu voir sur d'autres supports comme le téléphone ou le Minitel, et de proposer cela via le web.

C'est la même équipe qui travaille sur le 3615 LESECHOS ?

Oui. Nous avons une démarche depuis quelques mois qui est d'utiliser au maximum les ressources des Echos à partir d'un principe simple : même s'il y avait une convergence des médias, il fallait d'abord avoir une homogénéité des contenus, avoir un format numérique standard pour qu'il puisse être exploité quel que soit le mode de diffusion et quel que soit le support sur lequel il allait être exploité. Ce qui est en train d'être mis en place, c'est la mise à disposition de l'ensemble des informations dans un format unique qui est le XML pour qu'ensuite il puisse être disponible pour des médias aussi divers que le Minitel, l'Audiotel, la télévision interactive, etc.

Il n'y a pas une stratégie arrêtée pour définir la part de contenus que vous allez mettre sur cette " Aire à valeur Ajoutée " ?

Non aujourd'hui, elle n'est pas véritablement arrêtée. Nous sommes en train de définir quelles sont, par rapport aux contenus dont on dispose, les limites de la mise à disposition de ce contenu par ce mode d'accès. Parce qu'aujourd'hui, France Télécom a mis une limitation de palier sur ses modes d'accès et par rapport à la valeur ajoutée des différents types d'information, on ne pourra mettre qu'un certain niveau d'information. Il est urgent de faire avancer le débat des paliers tarifaires avec France Télécom. Je sais qu'il y a actuellement une discussion globale à ce sujet avec les éditeurs. Pas seulement sur le Kiosque Internet, mais aussi sur d'autres supports et j'espère qu'elle va aboutir rapidement car c'est une source de développement et de revenus pour les éditeurs qui n'est pas négligeable. Mais aussi une source de développement pour France Télécom. Mais cela doit se faire dans un cadre juridique et éthique strict et bien réfléchi.

Vous voulez dire que la gamme des paliers n'est pas suffisamment étendue pour pouvoir proposer un mode de consultation à la durée pour tout type de contenus ?

Oui… mais pas seulement. Le travail que nous effectuons actuellement, c'est de proposer le maximum d'opportunités et de moyens à l'utilisateur pour pouvoir accéder à l'information sur le site web. S'il veut juste faire un achat, le paiement à la durée sera le plus approprié. S'il passe déjà par des systèmes de type le Compte Achat, avec du pré-paiement par son entreprise, il le peut également. Je pense que, plus on donne de possibilités d'accéder à l'information par rapport à des besoins précis de l'utilisateur, plus on augmentera le nombre d'achats global sur nos produits.

Revenons sur la valeur des contenus. Comment la déterminez-vous ?

Nous nous basons sur les différentes modes d 'accès à notre information. Par exemple, pour lire le journal Les Echos sur papier, ça coûte 1.20€. Pour accéder aux archives, sur le web, ce sera 1 euro par article. Pour l'accès aux archives par Minitel, c'est un paiement à la durée qui est d'environ 1.50€ par minute car derrière l'utilisateur reçoit l'ensemble des articles par fax ou par e-mail. Nous avons donc défini une sorte de grille tarifaire pour les différentes formes de contenus que nous proposons. Du moment qu'il y a une valeur ajoutée dans le service ou dans le contenu, il est tout à fait possible d'établir un barème différent pour la valeur de ces informations.
Mais nous sommes sur une logique issue de l'abonnement - pour nous le principal mode d'accès à l'information en terme de chiffre d'affaires - : abonnement au quotidien papier et, en parallèle, abonnements qui peuvent se faire par l'Internet. Nous ne sommes pas entrés dans le détail du prix de revient d'une information donnée. On pourrait tout à fait calculer ce prix au nombre de mots ou à la longueur de l'article par exemple, mais la problématique de donner un prix particulier à un élément particulier de l'information n'est pas encore posée.

Quel type de promotion allez vous faire sur votre service AvA pour toucher tous les utilisateurs de vos services et pas seulement ceux qui utilisaient le Kiosque Micro ?

Nous avons un formidable outil pour la promotion qui est le site en lui-même. On a mis en place un système de bandeaux d'auto promotion sur le site. On aura aussi un coup de pouce de la part du quotidien dans les espaces réservés à la promotion des produits du groupe. Et les newsletters envoyées aux personnes inscrites sur le site à nos différents produits.

Le nom du service sera bien Boursechos ?

Oui. C'est le nom qui permet d'accéder au produit via le site. Il suffit de taper boursechos.lesechos.fr. Je ne sais pas si on communiquera particulièrement sur ce nom puisqu'il se situe dans un champ beaucoup plus large qui est le site des Echos.
Mais toujours concernant la promotion, je voudrais souligner que les utilisateurs pourront accéder à de l'information en temps réel à partir de l'information qui existe déjà sur le site des Echos. Cette porte d'entrée, qui est la partie bourse des Echos, nous permettra de proposer des liens contextualisés vers l'information boursière en temps réel, et donc Boursechos. Notre mot d'ordre ici, c'est de toujours mettre en relation les différentes informations que l'on a à notre disposition : l'information économique générale, une analyse sur un secteur donné ou une entreprise, sa mise en perspective avec les données financières ou boursières à disposition. L'idée, c'est bien d'ouvrir le plus vaste champ informationnel et surtout qu'il soit le plus pertinent pour l'utilisateur.

AvA sera en téléchargement sur le site. Vous avez prévu de le diffuser sous forme de CD rom ?

Oui. Nous sommes en relation avec les équipes France Télécom sur le sujet car il y a peut-être la possibilité de mener des actions communes.

Interview du 12/02/2002



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